Lucie Bony (UMR Géographie-cités), Linda Gallet, Christine Almanzor, Virginie Descamps, Julien Camas
La ville d’Orléans tire son épingle du jeu avec un taux d’emplois métropolitains supérieurs (EMS) de 8 %.- Photo : © galerie de Pierre J., www.flickr.com
La ville de Caen joue, entre autres, un rôle de pôle dans le système des migrations résidentielles du Bassin parisien.- Photo : © galerie de Ambrosiana, www.flickr.com
Un type de régions fonctionnelles urbaines (FUR) : Auxerre en Bourgogne.- Photo : © watercolors08, www.flickr.com
Deux types de villes universitaires semblent se dégager : celles fortement polarisées par des relations extérieures au Bassin parisien (Amiens, le Mans, Orléans, Reims par exemple) et celles marquées par des liens exclusifs avec d’autres universités de la périphérie francilienne (Rouen, Le Havre, Caen par exemple). Ci-dessus, l’Université du Maine (région Pays-de-Loire).- Photo : © Université du Maine
Carte des 8 régions du Bassin parisien.- © IAU îdF
Mai 2009
Quel territoire semble se dégager de l’ensemble de ces travaux ayant pour trait commun de questionner le « Bassin parisien » ?
Les limites de la zone d’étude varient selon les analyses. Si elles sont le plus souvent définies a priori, la vaste région qu’elles dessinent regroupe des territoires aux situations très variées. Sont ainsi bien souvent rapidement délaissées des analyses les zones marginales ou celles ne participant pas au phénomène étudié. Le Bassin parisien à géométrie variable n’a donc pas de frontière précise mais s’évanouit plutôt progressivement en gradient.
Certes, le schéma centre-périphérie semble, dans bien des cas, toujours pertinent pour lire l’organisation de cet espace. Il a en effet influencé l’organisation du système productif avec la politique de décentralisation ou l’organisation des déplacements avec la structuration radiale des réseaux de transports. De plus, l’écrasante primatie francilienne sur l’ensemble du territoire apparaît systématiquement dans les travaux, qu’ils abordent la question des fonctions urbaines, de la concentration des emplois, de l’habitat, des équipements de formation ou de transports. Ainsi, il semble que le premier principe de l’intégration territoriale du Bassin parisien reste la puissance de la polarisation parisienne et son fonctionnement.
Cependant, les études montrent l’existence, parfois au stade embryonnaire, de structures polycentriques. C’est ainsi par exemple le cas de l’axe Orléans-Blois-Tours qui est à la fois un grand couloir régional de transferts d’établissements, un sous-système résidentiel réticulé et un réseau de villes universitaires. Si le Bassin parisien est malgré tout loin du modèle ideal-typique de la « métropole-réseau », métropole multipolaire où les relations horizontales de pôle à pôle prennent de plus en plus d’importance par rapport aux relations radiales centre-périphérie, il n’en reste pas moins que le fonctionnement de ce territoire tend vers ce modèle, ne serait-ce qu’au travers des projets d’aménagement.
La question que posent des projets de fonctionnement polycentrique est celle de la place à accorder à la ville-centre. Il semblerait qu’un décalage n’apparaisse que si le Bassin parisien n’est pas analysé dans sa globalité, lorsque que les régions sont étudiées indépendamment les unes des autres notamment.
L’IAU Île-de-France travaille depuis de nombreuses années sur Bassin parisien, dans divers champs de compétences. L'année 2009 est marquée par un réinvestissement plus global à l’échelle de ce territoire.