Corinne de Berny Riche
Près de 77 000 jeunes inscrits dans l’enseignement supérieur en ÎdF ont bénéficié d’une bourse délivrée sur critères sociaux en 2006-2007.- Photo : © Doutre Caroline, BaSoH, IAU îdF
67 % des familles de boursiers comptent davantage d’enfants.- Photo : © Degremont Cécile, IAU îdF
En 2006, l’ensemble des ressources monétaires directes déclarées par les étudiants boursiers franciliens s’élève à environ 650 €.- Photo : © Doutre Caroline, BaSoH, IAU îdF
Sept postes de dépenses sont détaillées dans l’enquête « Conditions de vie » de l’OVE.- Photo : © Doutre Caroline, BaSoH, IAU îdF
Les activités de baby-sitting, employé de commerce et cours particuliers sont les plus répandues.- Photo : © tomhe photostream, www.flickr.com
Points de charge retenus pour le calcul du droit à bourse, rentrée 2008- Source : IAU îdF
Mai 2009
En avril 2008, un groupe de travail consacré aux « étudiants pauvres » a été mis en place par la Mission d’information sur la pauvreté et l’exclusion sociale en Île-de-France (MIPES). L’IAU île-de-France a procédé à une exploitation des enquêtes « Conditions de vie » de l’Observatoire de la vie étudiante (OVE - enquêtes de 1997, 2000, 2003 et 2006) afin de contribuer aux travaux du groupe.
Environ 3 600 étudiants franciliens seraient en 2006 dans une situation de détresse économique durable, d’après l’indicateur spécifique construit par l’OVE à partir des enquêtes « Conditions de vie », et notamment de la demande d’aide sociale exceptionnelle. Cependant, cet indicateur prend insuffisamment en compte deux caractéristiques particulières aux étudiants franciliens. Ces derniers sont très nombreux, en effet, à se trouver dans une situation de cohabitation forcée chez leurs parents, avec des temps de trajet très longs pour se rendre dans leur établissement. Ils sont aussi plus souvent amenés à exercer une activité professionnelle très prenante et sans rapport avec les études suivies.
Les bourses sur critères sociaux constituent un premier rempart à la précarité : elles ont précisément pour objectif d’encourager la poursuite d’études des jeunes issus de familles modestes. Près de 77 000 jeunes inscrits dans l’enseignement supérieur en Île-de-France en ont bénéficié au cours de l’année universitaire 2006-2007. Les plafonds de ressources régissant leur attribution étant identiques dans toutes les régions, les étudiants franciliens sont moins nombreux à en bénéficier, parce que la population de l’Île-de-France est globalement plus favorisée. En revanche, la prise en compte de « points de charge » liés à la taille des familles entraîne une très forte représentation des familles nombreuses dans la région. On y observe aussi une proportion plus importante qu’ailleurs de boursiers au dernier échelon, les plus fragiles sur le plan économique.
L’exercice d’activités rémunérées peut également apporter aux étudiants davantage d’aisance financière. Par comparaison avec les autres régions, les étudiants franciliens s’y engagent plus souvent. 58 % d’entre eux ont déclaré au moins une activité durant l’année universitaire en 2006, contre 42 % en province.
Les opportunités nombreuses offertes sur le marché de l’emploi, conjuguées à la professionnalisation des cursus, et la valeur accordée à l’expérience professionnelle au moment des recrutements peuvent certes motiver une partie des étudiants. Cependant, la nécessité financière reste déterminante pour un grand nombre d’étudiants en activité, qui ne peuvent compter sur une aide parentale ou sociale suffisante. Avec des conséquences parfois négatives sur la réussite des études, en raison du manque d’assiduité et de travail personnel.
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